L'art des beaux arts
(Redirigé depuis Lart des beaux arts)
Sommaire
|
I Qu'est ce que l'art? Comment définir un concept qui varie?
Rappel : Cours sur l’ art des techniques Le mot art est à double sens, en français. Il désigne tout ce que produit la ruse humaine (artifice) par opposition à ce que la nature produit. (La fleur). Au sens large art signifie métier, compétence technique.
Distinguons les objets d’art des produits de la nature : (Nature s’oppose à artifice)
Le galet est façonné par des forces naturelles extérieures à lui.
La cerise est le produit d’une loi de développement interne (Elle a en elle-même son principe de production).
L’objet d’art est le produit d’une cause efficiente extérieure à lui, mais consciente. Un projet donne forme à une matière. Lorsqu’on trouve un morceau de bois taillé dans un marécage, on le réfère à une intention humaine.
Si on parle de l’alvéole de l’abeille, on remarque qu’aucun projet conscient ne lui a préexisté. (Les « techniques" animales sont instinctives et n’évoluent pas).
Rappel : La technique est l’occasion pour l’homme de s’objectiver dans une œuvre. Il prend conscience de lui-même et de ses aptitudes en les concrétisant dans un objet. "L'homme agit ainsi, de par sa liberté, pour ôter au monde extérieur son caractère farouchement étranger" écrit Hegel dans son " Esthétique" Et il ajoute : " Ce besoin de modifier les choses extérieures est déjà inscrit dans les premiers penchants de l'enfant ; le petit garçon qui jette des pierres dans le torrent et admire les ronds qui se forment dans l'eau, admire en fait une œuvre où il bénéficie du spectacle de sa propre activité".
La technique, nous l’avons vu est un savoir faire, avant d’être un savoir. Elle est empirique tâtonnante. « La technique essaie avec les mains écrit Alain, au lieu de penser par la réflexion » On répète et on recopie les procédés d’un métier, on apprend à tailler au burin la pierre, à poser une fresque sur un mur.
A l’intérieur du champ de l’art, peut-on établir des distinctions?
Peut –on distinguer l’art des techniques, dont la fin serait l’utile, de l’art des beaux arts dont la fin serait de plaire par sa beauté ?
Par art des beaux arts, faut-il entendre les arts du génie ? C’est la définition que choisit d’en donner Kant.
L’objet technique serait un produit, façonné selon des règles transmissibles et enseignables.
L’objet d’art serait une création originale d’un individu ignorant lui-même selon quelles règles il crée et incapable de l’enseigner aux autres.
Le mot création, renvoie à l’idée de « sortir du néant » , inventer de toute pièce quelque chose qui n’a jamais existé auparavant.
Quel statut donner à l'artiste?
L'artiste n'est-il qu'un imitateur plus ou moins adroit?
Imitation comme copie ou simulacre
Dans la République de Platon, ( livre X) l’art est effectivement présentée comme une imitation. L’artiste peint un lit, en bois, en métal, présent dans une chambre. Ce lit a été fabriqué par une artisan. Le lit ainsi reproduit n’est lui-même qu’une imitation périssable, grossière du seul lit réel, le lit en Idée.
Le peintre peut reproduire les proportions, mais il peut aussi les changer pour faire illusion. On peut aller de la copie au simulacre.
L’art nous éloigne de ces modèles ou archétypes, les Idées vers lesquels notre intelligence doit s’élever.
L'artiste peut présenter sur ses toiles le métier du tisserand , il ignore tout du tissage , mais il peut faire illusion sans avoir de science réelle. Il est ainsi proche du rhéteur qui lui se vante de pouvoir parler de tous les sujets devant une foule assemblée en l'emportant sur l'homme de l'art.
Ainsi, à l’artiste, Platon préfère-t-il celui qui pratique l’art de la dialectique et qui s’exerce à tenir un discours vrai sur la réalité des Idées. Les poètes, à commencer par Homère (…) ne sont que des imitateurs d’images et (…) ils n’atteignent pas la vérité » c’est à dire que leurs discours ne portent pas sur le Beau, le Bien, la justice qu’ils pourraient connaître en elles mêmes.
Que veut-on dire quand on affirme que le poète est inspiré ?
Dans l’Apologie de Socrate, Platon met dans la bouche de Socrate une critique de l’inspiration poétique: si le poète est parfois capable de dire de belles choses, il est incapable d’en rendre raison, s’il a rencontré la vérité, c’est par hasard, et cette vérité manque de fondements fermes. On peut donner une lecture plus positive de l’inspiration poétique:
Il y a dans l’artiste quelque chose de divin. Les poètes lorsqu’ils écrivent sont les véhicules du divin. « Ce n’est pas en vertu d’un art (d’une technique) qu’ils tiennent leur langage, mais grâce à un pouvoir divin » Le divin, chez Platon, c’est le monde des idées, le poète se retrouve du côté de ce monde de la vérité.(Ion)
Ne peut-on pas donner une valeur positive à l'imitation?
« Imiter, écrit Aristote dans « La poétique » est dès leur enfance une tendance naturelle aux hommes et ils se différencient des autres animaux en ce qu’ils sont des êtres fort enclins à imiter » Ils ont aussi une tendance commune à « prendre plaisir aux représentations ». (1448b Poétique)
De cette disposition naturelle aux hommes, Aristote fait naître l’œuvre d’art, qui est donc imitation de la réalité ou imitation de la nature. Le plaisir que nous prenons à contempler une œuvre d’art est lié à la conformité entre l’image et son modèle. « Nous prenons plaisir à contempler des images les plus exactes des choses dont la vue nous est pénible dans la réalité comme les formes d’animaux les plus méprisés et des cadavres » (Poétique 1448b) Le théâtre mime les dispositions de l’âme, les passions humaines par le geste, la danse, la récitation ; la peinture imite les objets et les animaux qui entourent les hommes. La tragédie, dit Aristote, imite les belles actions, alors que la comédie imite plutôt les actions des hommes bas. « La tragédie consiste en la représentation d’une action menée jusqu’à son terme, qui forme un tout et a une certaine étendue ; » (50b23-25)
La mimésis est cependant chez Aristote tout le contraire d’un décalque du réel. La transposition dans des œuvres représentatives a un sens actif et dynamique. La poétique, c’est l’art de composer des intrigues, de produire un agencement de faits par la mise en intrigue. (Il faut prendre poétique au sens fort de production.)
Le mot mimésis imitation ou représentation renvoie à un processus actif l’agencement des faits.
« La tragédie est la représentation d’une action noble menée jusqu’à son terme et ayant une certaine étendue » ChapVI 49b 24-28. « C’est l’intrigue qui est la représentation de l’action".
La Poétique d’Aristote est ainsi une réplique au livre X de la république : la poésie est une activité et une activité qui enseigne.
Il s’agit de représenter une action. L’action est plus importante que les caractères. La tragédie représente les hommes en mieux, la comédie en pire. Il s’agit d’un « faire », mais non d’un faire effectif, c’est un « faire inventé ». Aristote prend bien soin d’opposer ce qui a lieu réellement et ce qui a lieu dans l’ordre du vraisemblable et du nécessaire.
L’activité mimétique n’est pas le décalque d’un réel préexistant. Il s’agit d’imitation créatrice.
Cette conception de l’art est encore adoptée par de grands artistes plus proches de nous mais on peut s’interroger sur l’équivoque que contient toujours la notion d’imitation.. Léonard de Vinci, dans son « Traité de la peinture » écrit : « La peinture la plus louable est celle qui est conforme à l’objet imité, et elle doit représenter, pour les sens, avec vérité et exactitude, les œuvres de la nature ». Rodin dit encore que le sculpteur doit « copier ce qu’il voit »
Faut-il donner à l'artiste un statut d'exception : art des beaux arts et arts du génie
Kant invite à faire la distinction entre art des techniques et art des beaux arts.
Le génie, c’est l’esprit particulier qui à la naissance protège un homme, lui donne des idées originales.Le propre du génie est d’inventer de manière originale de nouvelles formes de beauté. Il crée , parce que tout se passe comme s'il sortait du néant des œuvres inédites.
Cette aptitude n’a pas été reçue d’autrui. On n’apprend pas des règles enseignées par la culture , on n'a pas reçu un savoir-faire.Ce que le génie crée,transcende tout apprentissage technique.
Pour traduire ce fait, Kant parle en termes de don.Puisqu'il ne l'a pas reçue d'un de ses prédécesseurs,le génie a reçu directement de la nature cette aptitude à créer du beau : le beau est sans règles.
NB: Cela ne signifie pas que le génie n'ait pas à apprendre des techniques: Mozart a du apprendre le clavecin, et Michel Ange à tailler le marbre, la théorie du génie veut dire que la seule transmission de techniques ne suffira pas.
CF §47 Critique de la faculté de juger esthétique.
« Newton pouvait non seulement pour lui, mais pour tout autre, décrire clairement, et déterminer pour ses successeurs, les démarches qu’il eut à faire depuis les premiers éléments de la géométrie, jusqu’à ses grandes et profondes découvertes….Aucun Homère, aucun Wieland ne pourrait montrer comment ses idées riches en poésie et pourtant lourdes de pensée surgissent et s’assemblent dans son cerveau, car lui même ne le sait pas et ne peut l’enseigner à un autre »
Newton, un grand savant ne reçoit pas ce titre de génie. Newton est capable de rendre compte de tout le cheminement qui l'a mené à poser de nouvelles lois. Il est capable de l'enseigner aux autres . Le grand artiste ignore comment il a pu créer de nouvelles formes de beauté , il est bien incapable de transmettre cette aptitude.
De cette théorie du génie suit une conséquence :
Il n’y a pas de science du beau, capable de définir l’idée de beau, il n’existe pas de règles universelles permettant d’en juger. Le beau n’est pas une propriété objective des choses, mais l’objet d’un jugement de goût. Le goût, c’est la faculté de discerner le beau. Les œuvres d’art sont consacrées comme belles par un jugement d’une espèce particulière. On ne juge pas du beau par ce qu’est l’objet en soi, mais seulement par la qualité du plaisir qui est éprouvé.
Approche du beau dans l'art des beaux arts.
Y-a-t-il des règles du beau , peut-on en déterminer l'essence?
Le monde grec détermine des règles du beau. Polyclète incarne dans le "Doryphore" , les canons de la beauté du corps humain. A la Renaissance, Léonoard de Vinci reprend cette idée de proportions parfaites du corps humain.
Le beau est-il sans règles? L'idée d'un jugement esthétique
Dire que le beau est l’objet d’un jugement esthétique, c’est dire que la beauté s’apprécie par le biais des sens et non de la raison, c’est affirmer que nous reconnaissons le beau à la qualité du plaisir qu’il procure.
La beauté est alors affaire de sentiment. (La théorie du génie de Kant nous a donné une première approche de cela: le génie crée du beau sans savoir selon quelles règles il crée, le beau est sans règles, au delà de ce que la raison pourrait saisir et expliquer.)
Le beau n’est pas une propriété objective des choses, mais l’objet d’un jugement de goût. Le goût, c’est la faculté de discerner le beau. Les œuvres d’art sont consacrées comme belles par un jugement d’une espèce particulière.
Cette idée d'un jugement de goût pose un certain nombre de problèmes:
Si le goût est affaire de sentiment , de plaisir éprouvé , ne doit on pas conclure que tous les sentiments se valent, et se rallier à la formule: "à chacun ses gôuts",en s'enfonçant dans le relativisme.
Va -t-on mettre sur le même plan le "goût du palais", c'est à dire l'appréciation d'une boisson, d'un plat cuisiné et le goût qui nous permet d'apprécier une œuvre d'art? En matière de cuisine, nous admettons volontiers le " à chacun ses goûts", ou nous admettons qu'il y a une culture du goût: nous apprenons à aimer la cuisine familiale,en va -t-il de même de l'œuvre d'art?
La tentation du scepticisme.
Dans son ouvrage De la Norme du goût Hume décrit bien les difficultés inhérentes à l'expérience esthétique. Dans le domaine de " opinions", on peut séparer le vrai du faux , par un renvoi à la réalité. Si le beau est affaire de sentiment, chacun peut décrire son expérience, et aucun sentiment n'est plus vrai qu'un autre; " "Tout sentiment est juste, parce que le sentiment ne renvoie à rien au delà de lui même". Le sens commun et la philosophie sceptique se rejoignent alors pour dire : " A chacun son goût". " La beauté n'est pas une qualité inhérente aux choses elles mêmes , elle existe seulement dans l'esprit qui la contemple, et chaque esprit perçoit une beauté différente" Faut-il en rester à ce relativisme, relativisme qui s'étendrait au goût du palais, aussi bien qu' au goût, plus intellectuel, selon le vocabulaire de Hume, en matière de beauté? Aucun individu, ne pourrait alors prétendre règler le goût des autres.
Le titre même " De la norme du goût" montre que Hume croit en l'existence de critères permettant de trancher entre différents jugements. " Au milieu de la variété et du caprice du goût, il y a certains principes généraux d'approbation" . Hume invoque d'une part une nature humaine, une communauté de nature qui pourrait rendre compte de la proximité des goûts.Mais surtout, il reconnait l'existence d'un prescripteur en matière de goût. L'"homme de goût", a d'une part une sensibilité plus aigüe que les autres , et d'autre part, il a exercé son goût au moyen de la fréquentation de nombreuses œuvres d'art.Il fixe la norme du goût. N'y a-t-il pas alors, selon Hume, une élite cultivée qui règle le goût des autres ?
La description kantienne des caractères du jugement esthétique.
Ne faut-il pas distinguer l’agréable du beau ?
Peut –on analyser l’originalité du jugement de goût en le situant par rapport à d’autres jugements : "c’est agréable", "c’est bon (moralement)", "c’est vrai". Le jugement de goût parait subjectif : c’est ma sensibilité qui est affectée par l’objet. Ce sentiment éprouvé subjectivement n’est-il pas susceptible d’universalité ? N’a-t-il pas une aptitude à se communiquer ? Dira-t-on : c’est beau pour moi, comme on dit cela m’est agréable ?
Kant admet la relativité du jugement " Cela m'est agréable" , mais refuse d'accorder la même relativité au jugement " C'est beau"
Est beau ce qui est l’objet d’une satisfaction désintéressée.
Dans le plaisir des sens, (agréable) le sujet est intéressé à l’existence de l’objet, puisque l’objet éveille le désir de son appropriation, de sa consommation pour continuer ou renouveler sa satisfaction.
La chose s’impose à moi comme un objet d’inclination ; ma nature sensible trouve un intérêt à l’existence de l’objet, parce qu’elle lui procure une satisfaction et qu’elle le désire. L’agréable a un lien avec la faculté de désirer. Dans l’expérience du beau, il n’y a pas de calcul concernant une jouissance possible ou un avantage à venir. Quand on me demande si une chose est belle, on me demande de faire abstraction de l’intérêt que je porte à l’existence de l’objet. S’agissant de la beauté d’un palais (§2) Je peux dire que si j’étais dans une île déserte, je ne l’y transporterais pas, me contentant d’une masure. Lorsque je juge de la beauté, je me sens indépendant de l’existence de l’objet.
Schopenhauer reprend après Kant cette idée de désintéressement dans l'art.Dans la contemplation esthétique, on devient "un pur sujet de la connaissance", on renonce à soi, c'est à dire à ses désirs et à ses sentiments propres.
Bourdieu introduit une critique de cette analyse kantienne: la définition du goût est fondée sur le « dégoût », de toute jouissance immédiate, non distanciée, vulgaire .( Une culture d’élite s'oppose à la culture populaire.)
Est beau ce qui est représenté sans concept comme objet d’une satisfaction universelle.
Le jugement de goût est - il purement relatif à l’individu ? N’y a t- il pas un accord possible entre les hommes ? Si le jugement de beau met hors circuit l’inclination personnelle singulière, il est désintéressé. Il peut être le jugement de tout un chacun. Je juge « comme si » le beau était une propriété de la chose. Je juge que mon sentiment, loin d’être un sentiment personnel peut être le sentiment de tous. Je ne dispose d’aucun concept pour imposer mes raisons, mais cependant, j’impute cette adhésion à chacun et j’attends confirmation de l’accord d’autrui.
Lorsque je dis : « c’est beau », est-ce l’expérience qui me pousse à dire cela ? Vais-je formuler ce jugement parce que d’autres l’ont formulé avant moi ? Kant répond négativement « Loin de compter sur leur adhésion parce qu’il a constaté que leur jugement s’accordait avec le sien » §7 ( Ici, Kant critique également la position empiriste de Hume ) Hume veut constater que certaines œuvres d’art plaisent et ont toujours plu.)
Pour Kant, le jugement esthétique n'est pas issu de l'expérience, il n'est pas cultivé, mais spontané.
Idée d’un sens commun esthétique
L’expérience esthétique est peut être la seule expérience intersubjective où l’homme comme être à la fois sensible et raisonnable communique directement avec autrui. Le beau est pour Kant le symbole de la moralité. La moralité réunit les hommes, elles est dépassement des égoïsmes.
Le plaisir esthétique est le plaisir éprouvé au jeu libre de mes facultés (intuition, entendement)
« L’opération harmonieuse de deux facultés de connaître en leur liberté ».
« Ce plaisir doit nécessairement reposer en chacun sur les mêmes conditions …. Et on doit les supposer en chacun « (§39)
« Celui qui juge avec goût peut attribuer la satisfaction provenant de l’objet à tout autre homme, et admettre que son sentiment est communicable universellement sans concept. » (Critique de la Faculté de Juger)
Critiques de la thèse kantienne
Lignes directrices d'une critique:
On peut critiquer le " désintéressement dans l'art"
Analyse freudienne de l’œuvre d’art
L’art est la sublimation des fantasmes de l’artiste.Freud retrouve la thèse d'Aristote . L'œuvre d'art a une fonction cathartique.(purgation des passions. L'homme étant par nature hostile à l'homme, la société lui impose des refoulements.Le poids de ces refoulements mal acceptés peut le faire sombrer dans la névrose et le marginaliser par rapport à la société. L'artiste trouve une voie qui lui permet d'exprimer ses pulsions refoulées sans se marginaliser socialement.Comme l'homme normal exprime ses pulsions dans les images du rêve, l'artiste les exprime dans ses œuvre. L'archétype de cette démarche est l'Oedipe-Roi de Sophocle. Freud retrouve par exemple un thème Œdipien dans Hamlet. Voir les Essais de Psychanalyse appliquée. Voir la question de l'interprétation de l'œuvre d'art.
On peut avancer que le jugement esthétique est plutôt cultivé.
Le goût n’est-il pas forgé par le milieu social auquel on appartient ? Bourdieu, sociologue contemporain soutien cette thèse dans son ouvrage "La distinction" Mais cela le conduit à mettre sur le même plan tous les goûts. On revendique son appartenance à un milieu social et on se distingue des autres groupes , aussi bien par ses habitudes vestimentaires que par ses goûts en matière de cuisine , de décoration, ou d'oeuvres d'art.