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La Connaissance de Soi

(Différences entre les versions)

Version du 5 avril 2009 à 16:33

Sommaire

La Connaissance de Soi

Introduction

Différencions deux questions

Lorsque nous posons la questions :"Que –suis-je ?" , nous recherchons une réponse tendant vers l'universel, s'appliquant à tous les hommes. Mon essence, ma nature : Je suis un homme, un animal raisonnable, un vivant, un bipède....

Cette question va dans le sens de la constitution d’un savoir (la science généralise : tous les hommes …)

Lorsque nous posons la question:" Qui- suis-je ?" , nous sommes à la recherche de notre singularité.

Cette question deuxième question renvoie à « moi » comme individu. (Individu, vient du mot diviser. Il s’agit de tout être formant une unité distincte et ne pouvant être divisé sans être détruit.) En disant moi, je me singularise et me distingue de tous les autres.

Nous allons explorer les réponses à chacune des deux questions.

A la question :"Qui êtes vous ?" On répond en tentant de définir son identité.



Conscience et identité du sujet

A la question : "Qui êtes vous ? " On répond en tentant de définir son identité. Qu'est ce que l' identité ? :Etre Un - Etre unique : différent de tous les autres – Rester le même à travers les changements : ( quand on grandit, ou qu’on vieillit, ou quand notre caractère change, on a pourtant le sentiment d’être resté le même).

Lorsque je dis" Je", je rapporte toutes mes actions à un même centre : je me les approprie. Je rapporte mes pensées, mes représentations, mes idées à un même centre, même si elles appartiennent à des moments différents.

Qu'est ce qui me permet de faire l'expérience de mon identité ? C'est la conscience. La conscience, c’est le retour sur soi, la présence à soi de l’esprit dans toutes ses opérations. Je ramène à moi toutes mes expériences, je les réunis, je me rassemble autour de ce centre qui est le moi.

A la conscience s’ajoute la mémoire pour forger ma permanence dans le temps. S’il y a rupture de la mémoire, il y a rupture de l’identité. Locke, dans L'"Essai philosophique concernant l'Entendement humain , Livre II chapitre XXVII § 16 fait une remarque étonnante : Si j' ai la mémoire de Noe, je suis Noe." Si j'avais conscience d'avoir vu l'Arche et le déluge de Noé comme j'ai conscience d'avoir vu une crue de la Tamise l'hiver dernier, et comme j'ai conscience maintenant d'écrire, je ne pourrais pas plus douter (....) que(...) j'étais le même soi "

La conscience est une conscience psychologique, mais cette conscience m’ouvre la possibilité de porter un jugement sur mes actes. « La conscience, c’est le savoir revenant sur lui-même et prenant pour centre la personne humaine elle-même qui se met en demeure de décider et de juger .... La conscience est toujours implicitement morale » Alain. Définitions L’animal, qui est instinctif, est tout entier investi dans ses actions. L’homme a la possibilité d’être à distance de lui-même et de se juger.


Quels sont les enjeux de l'affirmation de l'identité du sujet?

La société attend de moi que j’affirme mon identité, c’est en fonction de cela qu’elle peut m’imputer la responsabilité de mes actes et me punir. L’identité est au principe de la responsabilité morale et juridique. (Sujet de dissertation : « Suffit-il d’être conscient pour être responsable ? »)

La société a besoin de l'affirmation de mon identité, elle m’impute mes actes. Je suis au centre de mes actions : je reconnais en être l’auteur. Si ma mémoire est traversée par l’oubli, je ne m’impute pas les actes dont je ne me souviens pas être l’auteur. Quel point de vue de la société va -t-elle adopter ? Va- t-elle juger sur le fait, ou bien sur l’intention qui a présidé à l’acte ?

Analysons rapidement la notion de responsabilité :

Sens très ancien : la dette, payer une dette. Les anciens codes francs établissent des systèmes d’équivalence matérielle ; Pratiques de mise a mort du bouc émissaire. On ne se soucie pas de punir l’auteur de l’acte, il importe seulement, par du sang répandu d'effacer la souillure,de rétablir l’ordre ancien. De manière récente qu’on pense la responsabilité comme le fait d’assumer ses actes.

Quel but la société poursuit-elle en punissant ? Défendre l’ordre social ; dissuader. Réhabiliter les coupables, leur donner le temps de se réformer moralement Idée plus contemporaine, le procès doit donner la parole aux victimes.

Il faut tenir compte de ces facteurs différents pour répondre à la question : quand un individu sera-t-il tenu pour responsable par la société ? Dans quel cas la société doit elle punir ? Doit-elle punir sur les faits ? Doit-elle punir en tenant compte de l’intention qui a présidé à l’acte ?

Lecture du texte de Locke- Extrait de Identité et différence ( Essai philosophique concernant l'Entendement humain §22) -  :

Locke considère que la société ne peut juger que sur le fait. Un somnambule ne se souvient plus étant éveille des actes qu’il a commis étant endormi. Ils n’appartiennent pas à son identité. Ce ne sont pas les siens. Un ivrogne à oublié les actes qu'il a commis sous l'emprise de l'alcool. Mais la société ne peut pas savoir si l'oubli est feint ou non. Locke évoque un jugement divin qui serait le véritable jugement moral :

"On peut raisonnablement penser que" … (empirisme de Locke: on ne peut que spéculer, Dieu n'est pas donné dans l'expérience)

Dieu ne nous punira que pour ce qui fait partie de notre identité. (Sinon ce serait perçu par le sujet comme une sorte de fatalité tragique : je suis responsable d’actes dont je ne suis pas le véritable auteur.(malédiction qui pèse sur Œdipe)


Comment se construit l'identité du sujet?

Le rôle de l'autre dans la construction du sujet.

« La conscience du sujet peut-elle se passer de l’autre ? » (Sujet de dissertation)

Le rapport simple de moi-même à moi-même n’est pas propre à me faire saisir mon identité ; il est vide. La conscience se cherche donc dans la confrontation avec l’autre : la conscience de soi est le produit d’un processus violent. Hegel analyse le phénomène de la reconnaissance : je ne me pose moi- même en tant que conscience de soi autonome, que si l’autre me reconnait pour ce que je suis. Je me reconnais moi même dans l’autre (Je suis le maître si une conscience captive me confirme dans ma maîtrise.) Je veux être reconnu par l’autre en tant que conscience et sujet libre et non comme objet ou comme animal. L’autre peut me refuser cette reconnaissance.

La dialectique : Quand la relation maître / esclave s’instaure, le maître dépend de l’esclave pour affirmer sa maîtrise. L’esclave, par contre, prend conscience de lui-même en transformant la nature dans l’œuvre. Il acquiert cette conscience dans le travail (Cogito pratique)

Sartre fait de cette dialectique une sorte de modèle des rapports humains : expérience de la honte, expérience de l'amour.

Huis clos :« L’enfer c’est les autres »


Mon identité est-elle culturelle ?

Charles Taylor " Le multiculturalisme".

Puis-je me penser comme individu abstrait ? Ne dois-je pas tenir compte de la communauté à laquelle j’appartiens ? Charles Taylor affirme le primat de la société comme lieu de l’identité individuelle.Les autres détiennent la clef d’une identité réussie.

« La reconnaissance n’est pas simple politesse que l’on fait aux gens, c’est un besoin humain vital »." Le multiculturalisme. " Mais si l'autre déprécie la communauté à laquelle j'appartiens, je peux en retirer une image dévalorisée de moi-même.Les femmes peuvent ainsi "intérioriser l'image de leur propre infériorité". Les noirs peuvent, dans une société blanche ne pas résister à l'image dépréciative qu'on donne d'eux. La non reconnaissance est pour Taylor de l'ordre de l'oppression.Pour réparer cela, Taylor demande le droit, pour les membres des communautés minoritaires de cultiver leurs différences culturelles. A la politique "d'égale dignité", Taylor veut substituer une politique de différence. C'est une rupture avec le principe du droit égalitaire en contradiction par exemple avec la définition française d’une citoyenneté abstraite. L’état ne peut être neutre culturellement et il doit garantir des droits qui permettront la survie future des communautés. Taylor introduit ainsi l'idée de droits collectifs. (Au Québec, droits réservés aux minorités francophones).

Problèmes : n’a-t-on pas le droit de juger sa propre culture, de la quitter, de se construire contre elle ? ces droits ne vont -ils pas enfermer les minorités dans les groupes dont ils sont issus? A cela s'ajoute les problèmes généraux posés par les politiques de discrimination positive.

Sujet de dissertation: « Est- ce la conscience qui constitue l’identité personnelle ? »

Que suis-je?La conscience que j'ai de moi même peut elle s'approfondir en connaissance de soi?

Nous allons analyser la réponse cartésienne : Je suis celui qui pense ce qu’il est en train de penser. Je suis une chose qui pense, ou je me connais moi-même dans l’acte de penser. (Descartes ne dit pas comme la religion chrétienne, je suis une âme) Nous verrons que Descartes ne définit pas ainsi l’identité d’un individu (moi, René Descartes), mais qu’il donne une réponse universelle, valant pour tous les hommes.

Critique de cette réponse ?La conscience que j’ai de moi-même ne me donne-t-elle pas une approche tout à fait superficielle de moi-même ?

Y a-t-il lieu d'introduire la notion d'inconscient?

La conscience que j'ai de moi même peut me conduire à une connaissance de mon essence.

Descartes veut montrer qu’il s’agit même de la connaissance la plus claire et la plus vraie.

Quelle démarche Descartes suit-il pour parvenir à sa réponse ?

Sa question : Existe-t-il une connaissance indubitable qui puisse fonder l’édifice du savoir ?

Descartes considère que tout ce qu’on lui a enseigné est susceptible d’être remis en question. Sur certains points (sauf en mathématiques) on lui a enseigné des erreurs, cela suffit pour interroger l’ensemble de ses connaissances.

Le projet du doute méthodique :

Méthode : voie qui mène à. Le doute de Descartes est un doute méthodique, non sceptique. Le sceptique doute de l’aptitude de la raison à trouver le vrai, son doute est une conclusion : il suspend son jugement parce qu’il ne peut pas trouver de vérité.

Descartes cherche la connaissance la plus vraie : et ce sera la connaissance de soi.

But: trouver une vérité pour en faire le fondement solide de l'édifice de la connaissance et non conclure comme les sceptiques à l'impossibilité d'atteindre la vérité.

Principe: assimilation du douteux au faux. Chaque fois que sur un point je découvre la plus mince raison de douter, je refuse provisoirement de tenir pour vraie l’affirmation en cause. Douter, c’est suspendre son jugement .La suspension du jugement est un acte de volonté.

………………………….

[Sujet de Dissertation : Peut-on venir à bout des préjugés ? (Bac ES 2007) La démarche de Descartes est justement l’exemple d’une telle entreprise : on peut « tester «  ses connaissances, pour éliminer toutes celles qui manquent de solidité, parce qu’on les a acquises sur la foi d’autrui, par habitude etc.….]


Etapes :

- La connaissance sensible du monde extérieur est mise en doute

- Le corps également (argument du membre fantôme).

- La réalité du monde extérieur (argument du rêve)

- Les vérités mathématiques :( argument du malin génie).

Une affirmation semble résister à tous les doutes susceptibles d'être formulés : «  Qu’il me trompe autant qu’il le voudra ce malin génie, il ne peut faire que je ne sois pas, aussi longtemps que je pense » .

"Je suis, j'existe aussi longtemps que je pense"

La connaissance de mon corps n’est pas la connaissance la plus claire et la plus vraie, la plus indubitable. L'obscurité est du côté du corps qui sera l'objet d’une connaissance indirecte

Par contre, je me connais moi même sans référence au corps, comme "chose qui pense", c’est à dire substance spirituelle (puisqu’à ce moment là, j’ai mis le corps en doute).

Contenu de cette connaissance de soi. Explicitation du '"Je pense" Descartes donne une vision dualiste de l’homme, je me connais d’abord comme substance spirituelle, je vis uni à un corps qui lui, est fait de matière.

Toute pensée est consciente, la pensée est transparente de part en part, ou peut le devenir.

"Par le nom de pensée, je comprends tout ce qui est tellement en nous que nous l'apercevons immédiatement par nous mêmes et en avons une connaissance intérieure; ainsi toutes les opérations de la volonté, de l’entendement, de l'imagination et des sens sont des pensées”. Descartes

« Qu’est- ce qu’une chose qui pense ? C’est une chose qui doute, qui entend, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent. » Je me découvre comme entendement (capacité de concevoir des idées) volonté (je veux, je ne veux pas). J'expérimente ma volonté dans le doute. J'ai un pouvoir absolu d'affirmer et de nier, de suspendre toute affirmation J'ai un libre arbitre : je peux faire une chose, ou ne pas la faire, et ce faisant, je ne sens point qu'aucune force extérieure ne me contraigne. Je sens et Imagine, ce qui renvoie au corps dont l’existence devra être démontrée.