Le dualisme
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Descartes . Le dualisme cartésien
(Vérité-démonstration- matière - esprit- vivant – libre- arbitre - technique-)
L'importance du doute.
Le malheur de l'homme est d'avoir été enfant . Notre imagination domine et nous sommes placés sous l'autorité de nos précepteurs. Descartes élève des jésuites au collège de La Flèche , a conscience d'avoir «reçu en sa créance» beaucoup d'erreurs . Seules les mathématiques trouvent grâce à ses yeux .Il y voit un modèle de rigueur démonstrative .
Descartes entreprend une critique de toutes ses certitudes . La certitude , c'est l'état psychologique de celui qui pense être dans le vrai . La certitude immédiate est plutôt faite d'opinions , de préjugés , d'adhésion à l'opinion commune ou à l'autorité des anciens. Descartes n'est pas sceptique : les sceptiques suspendent leur jugement , refusent d'affirmer , et doutent de l'aptitude de la raison à trouver le vrai. Le doute de Descartes est méthodique : c'est un chemin pour tester ses certitudes et parvenir à trouver un fondement à l'édifice du savoir. Dans le Discours de la Méthode , Descartes utilise une métaphore architecturale. Un bon architecte ne rebâtit pas sur du sable, mais sur des fondements solides.
Principe du doute méthodique : assimilation du douteux au faux. Chaque fois que sur un point je découvre la plus mince raison de douter, je refuse provisoirement de tenir pour vraie l’affirmation en cause. Douter, c’est suspendre son jugement .La suspension du jugement est un acte de volonté. Etapes : La connaissance sensible du monde extérieur/ Le corps (argument du membre fantôme). La réalité du monde extérieur (argument du rêve) Les vérités mathématiques : le malin génie. Une affirmation semble résister à tous les doutes susceptibles d'être formulés :"Je suis, j'existe aussi longtemps que je pense" Je suis d’abord certain de mon existence en tant qu'être qui pense , puisque même si le malin génie me trompe , il ne peut pas faire que je ne sois pas , moi qui suis en train de me tromper. .La connaissance de mon corps n’est pas la connaissance la plus claire et la plus -vraie, la plus indubitable. L'obscurité est du côté du corps qui sera l'objet d’une connaissance indirecte . Par contre, je me connais moi même sans référence au corps, comme "chose qui pense", c’est à dire substance spirituelle.
Remarque : Le corps étant donné à l'expérience sensible, nous avons tendance à penser qu'il est plus aisément connu. Nous pensons de manière assez spontanée que nous sommes ce corps, qui occupe une certaine partie de l'espace , cette machine . Descartes prend un exemple , pour nous ôter détromper et nous montrer que ce qui est donné à nos sens n'est pas plus facile à connaître . C'est l'exemple du morceau de cire. Nous le définissons par des qualités sensibles, il est dur , coloré , a telle odeur. Si nous chauffons le morceau de cire , ses qualités sensibles sont modifiées , il est devenu liquide a pu changer de couleur et d'odeur , et pourtant nous disons que la même cire demeure . Le morceau de cire nous est connu par une inspection de l'esprit . Notre esprit pense quelque chose d'étendu, de flexible, de muable . ( qui peut prendre toute sorte de formes … )
La connaissance de soi comme substance spirituelle est donc pour Descartes la première vérité, celle qui a échappé a tous les doutes possibles qu'on pouvait formuler . C'est la première certitude, celle qui a résisté au doute.
Contenu de cette connaissance de soi .Explicitation du '"Je pense"
Toute pensée est consciente, la pensée est transparente de part en part, ou peut le devenir.
"Par le nom de pensée, je comprends tout ce qui est tellement en nous que nous l'apercevons immédiatement par nous mêmes et en avons une connaissance intérieure; ainsi toutes les opérations de la volonté, de l’entendement, de l'imagination et des sens sont des pensées”. Descartes
«Qu’est- ce qu’une chose qui pense? c’est une chose qui doute , qui entend, qui conçoit qui affirme , qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent.» Je me découvre comme entendement (capacité de concevoir des idées) et volonté (je veux, je ne veux pas). J'expérimente ma volonté dans le doute. J'ai un pouvoir absolu d'affirmer et de nier, de suspendre toute affirmation J'ai un libre arbitre : je peux faire une chose, ou ne pas la faire, et ce faisant, je ne sens point qu'aucune force extérieure ne me contraigne. Je sens et Imagine, ce qui renvoie au corps dont l’existence devra être démontrée.
Pour Descartes , l'homme est essentiellement liberté , libre-arbitre . Et ce libre arbitre ne peut pas s'expliquer par le monde de la matière qui obéit au déterminisme. La liberté ne peut pour Descartes qu'être référée à l'existence d'une substance spirituelle.
Pourquoi le sujet comme substance spirituelle serait -il le seul à échapper aux lois qui régissent l'ensemble de la nature?
L'homme se connaît comme substance spirituelle unie à un corps.
Le corps humain lui , est un vivant comme les autres, une machine que la médecine pourra connaître . L'union est difficile à penser, pourtant l'homme vit cette union dont la passion est un témoignage : l'âme pâtit de son union avec le corps. L’affirmation du libre-arbitre humain est pourtant essentielle pour Descartes. Elle est au principe de la responsabilité morale de l’homme.
L'union de l'âme et du corps
L'homme vit l'union de l'âme est du corps . L'union de deux substance totalement différentes . Descartes renvoie le mystère de l'union à Dieu. L'âme pâtit de son union avec un corps. Je ne suis pas comme un pilote en son navire , c'est à dire que ma volonté ne peut pas agir directement sur mon corps; Descartes développe plutôt des techniques de gestion de l'union. L'âme apprend à ruser avec les passions.
La métaphysique
L'objet de la métaphysique : Dieu, l'âme , la liberté.
L'homme religieux est un croyant , il fait un acte de foi au delà de la preuve . Il admet ce que sa raison ne comprend pas : Credo trinitaire du catholicisme romain ( Dieu en trois personnes). Le métaphysicien démontre et affirme le pouvoir de la raison . Descartes dans les Méditations démontre l'existence de Dieu , Etre infini, Tout puissant, créateur et vérace. ( qui veut bien que l'homme connaisse la vérité.) Il démontre aussi que nous nous connaissons nous même comme substance spirituelle; Question : (qui sera celle de Kant) : lorsque notre raison s'élance au delà de l'expérience possible , parvient elle à une connaissance ? La connaissance dit Kant suppose des données empiriques et un travail de la raison. La métaphysique pour Kant n'aboutit qu'à un Dieu possible , non contradictoire . Elle ne peut démontrer l'existence de Dieu. Elle ne peut pas démontrer que l'homme a un libre arbitre , ou qu'il n'en a pas . (La moralité ne peut que postuler la liberté de l'homme) (Postulat de la raison pratique = croyance raisonnée)
(Sujet: Qu'est ce que démontrer et tout peut-il l'être?)
L'arbre de la sagesse
Descartes , dans les principes définit un idéal ambitieux : la sagesse est un savoir total . (Comparer à la sagesse socratique, conscience de son ignorance .) Les racines de l'arbre sont la métaphysique . (Dieu créateur de l'homme et de la nature . Il faut qu'il veuille bien la connaissance) Le tronc la physique . Descartes fait de la physique a priori, comme il raisonne en mathématiques . Il démontre qu'il ne peut pas y avoir de vide dans la nature ( ce qui est faux) Les branches de l'arbre sont la mécanique, la médecine et la morale.
Le corps humain est compris comme tout vivant sur le modèle de la machine. Descartes pense que toute la nature peut être connue par les lois de l'étendue géométrique et par les lois physiques du mouvement.( mécanisme) La médecine nous fait connaître le corps humain . La morale vient en dernier , comme gestion de l'union.
La technique
Descartes développe un optimisme technologique . Il considère que les découvertes scientifiques vulgarisées vont faire avancer la science. Il a découvert des lois de l'optique ( réflexion, réfraction ) . La vulgarisation de la science va soulager la peine des hommes en permettant des avancées techniques . L'homme a vocation à être «comme maître et possesseur de la nature». (Descartes reprend la formule de l'Ancien Testament)
La technique donne aussi à l'homme des moyens de se maîtriser soi-même. Dans les Lettres à Elisabeth, Descartes donne à la princesse des conseils pour maîtriser sa tristesse par exemple . (Divertissement = se détourner ) Il donne des conseils simples pour maîtriser la passion amoureuse : laisser agir le temps , différer etc. (Descartes a découvert la médecine psycho- somatique)
La morale par provision du Discours de la Méthode / morale définitive
Descartes dans la Discours de la méthode, face à l'urgence de l'action, développe quelques principes moraux avant d'avoir rebâti l'édifice du savoir. «suivre les mœurs et les coutumes de son pays» ( nuance : imiter les plus sensés.)
"Changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde" : maxime d'inspiration stoïcienne : sur quoi ai- je du pouvoir? sur moi ( libre – arbitre)
"Etre résolu dans ses actions" ; (fermeté de la volonté .) . Si je suis perdu dans la forêt , mieux vaut choisir un cap et s'y tenir que tourner en rond en changeant de décision.
La morale définitive de Descartes ( Traité des passions , Lettres à Elisabeth,) approfondit ces thèmes . Descartes pense qu'il faut , pour bien agir , accroitre ses connaissances pour éclairer son action , et s'efforcer de faire ce que la raison nous recommande. Nous ne sommes pas omniscient , il se peut que nous découvrions plus tard que nous nous sommes trompés, mais nous pourrons quand même nous estimer nous mêmes à bon droit. (Idéal cartésien de générosité= l'âme noble.))